Le Brésil fascine par sa diversité culturelle, ses paysages époustouflants et son énergie contagieuse, mais suscite également des interrogations légitimes concernant la sécurité des voyageurs solitaires. Cette destination sud-américaine offre des expériences uniques, des plages paradisiaques de Rio aux mystères de l’Amazonie, en passant par l’effervescence culturelle de Salvador de Bahia. Cependant, voyager seul dans ce pays continental de plus de 215 millions d’habitants nécessite une préparation minutieuse et une connaissance approfondie des réalités locales. Les statistiques officielles révèlent des disparités importantes entre les régions, certaines zones présentant des défis sécuritaires particuliers tandis que d’autres accueillent les voyageurs individuels dans d’excellentes conditions.
Évaluation des risques sécuritaires par région brésilienne pour voyageurs solitaires
La sécurité au Brésil varie considérablement selon les régions, rendant essentielle une évaluation géographique précise avant tout déplacement en solo. Les données du ministère français des Affaires étrangères classifient le territoire brésilien selon différents niveaux de vigilance, allant des zones formellement déconseillées aux régions où une prudence normale suffit. Cette cartographie sécuritaire évolue constamment, influencée par les dynamiques socio-économiques locales, les politiques publiques de sécurité et les variations saisonnières de la criminalité.
Zones urbaines sensibles : rio de janeiro, são paulo et salvador
Rio de Janeiro concentre paradoxalement les plus grandes attractions touristiques et les défis sécuritaires les plus significatifs pour les voyageurs solitaires. Les quartiers de Copacabana, Ipanema et Leblon bénéficient d’une surveillance policière renforcée, mais demeurent le théâtre de vols à l’arraché fréquents. Les statistiques policières révèlent que 65% des délits contre les touristes surviennent dans un rayon de 500 mètres des plages emblématiques. La règle fondamentale consiste à ne jamais opposer de résistance lors d’une agression et à conserver uniquement de petites coupures accessibles rapidement.
São Paulo présente un profil urbain différent avec une criminalité plus diffuse mais tout aussi préoccupante. Les quartiers d’affaires comme l’Avenida Paulista voient proliférer les vols à la tire, particulièrement aux heures de pointe. Le phénomène des enlèvements express « PIX », utilisant le système de paiement instantané brésilien, cible spécifiquement les utilisateurs de taxis et de VTC. Cette forme de criminalité moderne touche environ 15% des victimes d’agressions dans la mégalopole pauliste.
Salvador de Bahia requiert une vigilance particulière dans le centre historique du Pelourinho. Malgré son classement UNESCO, cette zone connaît une forte recrudescence de la violence après le coucher du soleil. Les voyageurs solitaires doivent impérativement éviter les ruelles désertes et privilégier les axes surveillés par la police touristique, particulièrement active durant la journée et les week-ends.
Régions amazoniennes et protocoles de sécurité spécifiques
L’Amazonie brésilienne présente des défis sécuritaires uniques liés à l’immensité territoriale et à la présence limitée des forces de l’ordre. Manaus constitue le point d’entrée principal pour les voyageurs solitaires, offrant une infrastructure touristique développée et
L’essentiel consiste à choisir des opérateurs de confiance, à vérifier les certifications des bateaux et à privilégier des excursions recommandées par des agences reconnues ou par votre hébergement. Dans les zones reculées, l’accès aux soins étant limité, il est indispensable de prévoir une trousse de secours complète, une bonne assurance et d’informer un proche de votre itinéraire détaillé avant tout départ en expédition.
En matière de santé, l’Amazonie impose aussi des précautions supplémentaires. La vaccination contre la fièvre jaune est fortement recommandée, et une protection rigoureuse contre les moustiques (répulsifs, vêtements longs, moustiquaire) s’impose en raison des risques de dengue, de paludisme ou de chikungunya dans certaines zones. Enfin, les déplacements de nuit en bateau traditionnel ou sur des routes secondaires non asphaltées sont à éviter autant que possible, surtout lorsque l’on voyage seul.
États du nordeste : bahia, pernambuco et stratégies d’évitement
Le Nordeste brésilien, avec Bahia, Pernambuco ou le Ceará, attire pour ses plages spectaculaires et son ambiance festive, mais affiche aussi certains des taux d’homicides les plus élevés du pays. À Salvador de Bahia, Recife ou Fortaleza, les quartiers touristiques côtiers peuvent donner un faux sentiment de sécurité, alors que les vols et agressions restent fréquents, en particulier après la tombée de la nuit. Pour un voyageur solitaire, l’enjeu est d’y profiter pleinement tout en appliquant des règles strictes de sélection des zones et des horaires de déplacement.
À Salvador, il est recommandé de limiter ses déplacements à pied aux secteurs surveillés du Pelourinho et de Santo Antônio pendant la journée, et de privilégier taxis ou VTC le soir. À Recife, les quartiers de Boa Viagem et Olinda se visitent plutôt en journée, en évitant la plage urbaine la nuit et les transports en commun comme le métro, jugés peu sûrs. Plus généralement dans le Nordeste, mieux vaut éviter les rues désertes, les stations de bus périphériques après 20h et les trajets routiers de nuit sur les axes secondaires.
La bonne nouvelle, c’est qu’en dehors des grandes capitales, de nombreuses petites stations balnéaires comme Morro de São Paulo, Boipeba, Pipa ou Barra Grande offrent une atmosphère bien plus détendue. En choisissant des hébergements centraux, en se déplaçant en groupe pour les sorties nocturnes et en laissant les objets de valeur au coffre, on réduit considérablement les risques. Vous pouvez aussi demander systématiquement à votre pousada ou auberge quelles zones éviter et quels itinéraires piétons privilégier : ce réflexe simple est souvent plus efficace qu’un long rapport statistique.
Destinations sécurisées : santa catarina, rio grande do sul et minas gerais
Si vous recherchez des régions globalement perçues comme plus sûres pour voyager seul au Brésil, les États de Santa Catarina, du Rio Grande do Sul et de Minas Gerais constituent d’excellentes options. Les villes côtières de Florianópolis ou Balneário Camboriú, dans le Sud, combinent un bon niveau d’infrastructures, une relative stabilité sociale et un tourisme bien encadré. Les violences existent, mais les taux de criminalité y sont inférieurs à ceux de nombreuses métropoles du Nordeste ou du Sudeste, et les incidents touchant les touristes restent plus rares.
Minas Gerais, avec ses villes coloniales comme Ouro Preto, Tiradentes ou Diamantina, séduit les voyageurs solitaires en quête de patrimoine, de gastronomie et de randonnées. Les centres historiques y sont généralement calmes, surtout en semaine, et les risques se limitent majoritairement aux petits vols opportunistes. Il convient toutefois d’appliquer les mêmes principes de base : ne pas s’aventurer dans les quartiers périphériques sans conseil local, limiter les déplacements nocturnes à pied et privilégier les hébergements bien notés, idéalement proches du centre.
Dans ces régions plus « tranquilles », le principal danger est parfois de baisser trop la garde. On pourrait comparer la situation à celle d’une petite ville touristique européenne : le cadre est rassurant, mais le portefeuille laissé sur la table d’un café reste une mauvaise idée. En gardant un niveau de vigilance raisonnable, Santa Catarina, Rio Grande do Sul et Minas Gerais permettent de profiter d’un Brésil plus serein, parfait pour un premier voyage solo ou pour souffler entre deux grandes métropoles plus intenses.
Préparation documentaire et formalités administratives obligatoires
Une bonne préparation administrative est la première barrière de sécurité lorsqu’on décide de voyager seul au Brésil. Avant même de réserver vos billets, il est indispensable de vérifier la validité de votre passeport, les conditions d’entrée, ainsi que les éventuels documents de santé exigés par les autorités brésiliennes ou recommandés par les organismes de santé internationaux. Un oubli peut transformer un départ de rêve en parcours du combattant dès l’aéroport.
Visa touristique et durée de séjour maximale de 90 jours
Pour les ressortissants français (ainsi que belges et suisses), le Brésil n’exige pas de visa pour un séjour touristique inférieur ou égal à 90 jours. Votre passeport doit toutefois être valide au moins six mois après la date prévue de retour et vous devez pouvoir présenter un billet de sortie du territoire (retour ou continuation), faute de quoi l’embarquement ou l’entrée peuvent être refusés. Cette exemption de visa ne signifie pas pour autant liberté totale : la durée maximale de 90 jours s’applique sur une période glissante de 180 jours, sans possibilité de renouvellement sur place.
Concrètement, cela signifie que vous ne pouvez pas, par exemple, rester trois mois, sortir quelques jours dans un pays voisin, puis revenir immédiatement pour trois nouveaux mois en tant que touriste. Les autorités migratoires brésiliennes contrôlent de plus en plus strictement les séjours répétés jugés « limites ». Si vous prévoyez d’enchaîner plusieurs voyages ou de combiner tourisme et travail à distance, il est prudent de calculer précisément votre nombre de jours et, en cas de doute, de consulter le consulat du Brésil dans votre pays avant le départ.
Pensez également à conserver, de manière numérique et papier, vos justificatifs de sortie (billet d’avion ou de bus international) et la confirmation de vos premières réservations d’hébergement. En cas de questions à l’immigration, cela vous permettra de démontrer facilement que votre voyage est bien de nature touristique et limité dans le temps.
Certificat de vaccination fièvre jaune et recommandations sanitaires
Officiellement, aucun vaccin n’est obligatoire pour entrer au Brésil en provenance directe de France, mais la vaccination contre la fièvre jaune est fortement recommandée dès lors que vous vous rendez en Amazonie, dans certaines zones du Centre-Ouest ou du Nordeste intérieur. Plusieurs pays voisins ou de transit peuvent, eux, exiger la présentation d’un certificat international de vaccination à jour si vous arrivez du Brésil, ce qui rend ce vaccin d’autant plus stratégique pour un itinéraire multi-pays en Amérique du Sud.
Outre la fièvre jaune, les autorités françaises recommandent d’être à jour sur les vaccins universels (DTP, ROR) et de se faire vacciner contre l’hépatite A, l’hépatite B et, selon votre type de séjour, la typhoïde ou la rage. Voyager seul signifie souvent s’éloigner des grandes structures médicales, faire de la randonnée, des treks ou des séjours en milieu rural : autant de situations où une petite blessure ou une morsure animale peuvent rapidement prendre une autre dimension. Une consultation en médecine des voyages 4 à 6 semaines avant le départ permet d’adapter ces recommandations à votre profil précis.
Sur place, les maladies transmises par les moustiques (dengue, chikungunya, Zika, paludisme dans certaines zones) doivent être prises au sérieux. Un répulsif efficace, une moustiquaire imprégnée si vous dormez en hamac ou en hébergement rustique, et le port de vêtements couvrants le soir sont des réflexes à adopter. Enfin, l’eau du robinet n’est pas toujours potable : une gourde filtrante ou la consommation exclusive d’eau encapsulée réduisent nettement les risques de troubles digestifs, particulièrement gênants lorsqu’on voyage seul.
Assurance voyage internationale et couverture médicale spécifique
Une assurance voyage sérieuse n’est pas un luxe au Brésil, surtout pour un voyageur solo : c’est une condition de sécurité élémentaire. Les frais médicaux dans les cliniques privées peuvent atteindre des montants très élevés, et aucun consulat ne pourra avancer ces sommes à votre place. Il est donc crucial de souscrire, avant le départ, un contrat incluant au minimum la prise en charge des frais médicaux d’urgence, l’hospitalisation, le rapatriement sanitaire et la responsabilité civile.
Vérifiez attentivement les plafonds de remboursement (au moins 30 000 € pour une couverture minimale, idéalement davantage) et les exclusions : certains contrats couvrent très mal les sports à risque, les treks isolés ou la pratique de la plongée. Or, au Brésil, vous serez probablement tenté par des activités comme le surf, la randonnée en montagne ou le bateau en Amazonie. Une bonne analogie est celle d’un parachute : on espère ne jamais en avoir besoin, mais le jour où il s’ouvre mal, la différence entre un matériel bas de gamme et un équipement fiable devient cruciale.
Il est aussi utile de vérifier les modalités pratiques d’utilisation de l’assurance : numéro d’urgence 24/7, assistance en français ou en anglais, nécessité d’avancer les frais ou non. Avant le départ, enregistrez ces coordonnées dans votre téléphone, notez-les sur un papier glissé dans votre passeport et partagez-les avec un proche. En cas d’accident, ce gain de temps peut faire la différence.
Déclaration douanière et restrictions d’importation
Les formalités douanières à l’entrée du Brésil sont relativement simples pour un touriste, mais certaines règles méritent d’être anticipées. Vous pouvez entrer avec des effets personnels, un ordinateur portable, un appareil photo et un téléphone sans formalité particulière, à condition qu’il s’agisse d’un usage non commercial. En revanche, les sommes en liquide supérieures à 10 000 USD (ou équivalent) doivent être déclarées, faute de quoi elles peuvent être saisies. Lorsque l’on voyage seul, se retrouver sans ressources financières à cause d’une omission peut rapidement devenir problématique.
Les restrictions portent également sur certains produits alimentaires, végétaux, médicaments et surtout sur les stupéfiants, pour lesquels la législation brésilienne est particulièrement sévère. La détention, même de petites quantités, peut entraîner de lourdes peines de prison, sans possibilité de transfèrement vers la France. Il est donc impératif de transporter vos médicaments dans leur emballage d’origine, accompagnés d’une ordonnance si nécessaire, et d’éviter tout colis ou paquet dont vous ne connaissez pas le contenu exact.
À la sortie du pays, les autorités appliquent aussi des limites sur l’exportation de certains biens (alcool, tabac, produits électroniques). Si vous achetez un matériel coûteux sur place, conservez la facture dans vos bagages cabine. En respectant ces règles simples, vous éviterez des contrôles prolongés ou des amendes qui peuvent gâcher la fin du voyage.
Stratégies de transport et logistique de déplacement solitaire
Se déplacer efficacement et en sécurité au Brésil est l’un des points clés pour un voyage solo réussi. Entre les distances immenses, les infrastructures inégales et les spécificités de chaque région, il est essentiel de combiner les moyens de transport en fonction de la durée de votre séjour, de votre budget et de votre appétence pour l’aventure. Une bonne stratégie consiste à privilégier l’avion pour les longues distances, des bus fiables pour les liaisons régionales, et les VTC pour les déplacements urbains de nuit.
Compagnies aériennes intérieures : gol, azul et TAM connexions
Les compagnies brésiliennes Gol, Azul et LATAM (ex-TAM) desservent la quasi-totalité des grandes et moyennes villes, rendant l’avion particulièrement attractif pour traverser ce pays-continent. Un vol Rio–Salvador dure environ 2 heures, contre plus de 30 heures en bus : pour un voyageur solo qui souhaite optimiser son temps, cet arbitrage est souvent évident. Les prix varient selon la saison, mais en réservant quelques semaines à l’avance, il est possible de trouver des tarifs compétitifs, surtout en dehors des périodes de carnaval ou de grandes vacances brésiliennes.
Il faut cependant savoir que certains vols ou grilles tarifaires ne sont visibles que sur les versions locales des sites, et que le paiement peut parfois nécessiter un numéro de CPF (équivalent de numéro fiscal brésilien). En pratique, pour éviter les mauvaises surprises, mieux vaut construire votre itinéraire en fonction des vols accessibles depuis la version internationale des sites ou via des comparateurs fiables. Pensez aussi à prévoir une marge horaire suffisante entre vos correspondances internes et votre vol international de retour : les retards, sans être systématiques, ne sont pas rares.
Enfin, comme partout, la sécurité de vos bagages passe par un étiquetage clair, l’évitement des objets de valeur en soute et, si possible, l’utilisation d’un cadenas homologué. En voyageant seul, perdre son unique sac à dos peut vite compliquer la suite du périple.
Réseau ferroviaire limité et alternatives routières sécurisées
Le réseau ferroviaire brésilien est très limité pour le transport de passagers et ne constitue pas une véritable option pour organiser un itinéraire touristique. À l’exception de quelques trains régionaux ou touristiques (comme le trajet pittoresque Curitiba–Morretes ou certaines lignes dans le Minas Gerais), la grande majorité des déplacements terrestres se fait par bus ou véhicule individuel. Les compagnies de bus longue distance sont nombreuses, et plusieurs d’entre elles offrent des services confortables de type « semi-leito » (sièges inclinables) ou « leito » (quasi couchettes).
Pour un voyageur solo, les bus de compagnies réputées représentent une alternative sûre et économique, à condition de réserver via des canaux officiels (guichets en gare routière, sites web des sociétés, plateformes reconnues). Les grandes gares routières – « rodoviárias » – sont en général bien organisées, mais il est recommandé d’y arriver de jour ou accompagné pour les arrivées tardives. Sur les longs trajets de nuit, gardez vos objets de valeur avec vous, en bandoulière ou dans une pochette sous les vêtements, et évitez de laisser votre sac à dos à vos pieds pendant votre sommeil.
En zone rurale, les routes peuvent être mal entretenues, avec des nids-de-poule, des accotements instables et un éclairage très insuffisant. C’est pourquoi les déplacements routiers de nuit sont déconseillés, surtout si vous voyagez seul et ne connaissez pas la région. Lorsque c’est possible, privilégiez les départs matinaux qui vous permettront d’arriver en fin d’après-midi et de rejoindre tranquillement votre hébergement en plein jour.
Services de VTC urbains : uber, 99 et applications locales
Dans les grandes villes brésiliennes, les services de VTC comme Uber, 99 ou encore InDrive ont profondément changé la manière de se déplacer en sécurité. Pour un voyageur solitaire, ces applications offrent plusieurs avantages : géolocalisation du trajet, prix connu à l’avance, paiement dématérialisé (donc moins de manipulation de liquide) et historique des courses en cas de problème. Les autorités françaises recommandent d’ailleurs de privilégier les VTC ou les taxis officiels pré-réservés, en particulier la nuit.
Quelques règles simples permettent de réduire encore les risques : vérifier que la plaque d’immatriculation et la photo du conducteur correspondent bien à celles indiquées sur l’application, s’installer de préférence à l’arrière, et éviter de montrer ostensiblement son téléphone en montant ou descendant du véhicule. Vous pouvez également partager votre trajet en temps réel avec un proche via l’app, ce qui constitue une couche supplémentaire de sécurité lorsque vous rentrez seul après une soirée.
Dans certains quartiers sensibles, il peut arriver que les VTC refusent une course ou vous demandent un point de rendez-vous sur un axe plus fréquenté. Plutôt que d’insister, acceptez ce principe de précaution : les chauffeurs connaissent généralement très bien les zones à éviter. Là encore, l’écoute des conseils locaux reste votre meilleur allié.
Location de véhicule et conduite autonome : permis international requis
Louer une voiture au Brésil peut sembler tentant pour gagner en liberté, surtout pour explorer des régions comme le Minas Gerais, Santa Catarina ou la Serra Gaúcha. Toutefois, pour un voyageur solitaire, cette option doit être pesée avec soin. La conduite brésilienne est souvent plus agressive qu’en Europe, les routes secondaires peuvent être piégeuses, et les risques d’accident ou de vol de véhicule existent, notamment en périphérie des grandes villes. Si vous optez malgré tout pour cette solution, un permis de conduire national accompagné de son permis international est fortement recommandé, voire exigé par certaines agences.
Il est judicieux de choisir une assurance tous risques incluant franchise réduite, vol et assistance 24/7, et de privilégier les véhicules discrets plutôt que les modèles haut de gamme qui attirent l’attention. En ville, évitez de circuler vitres ouvertes dans les embouteillages, gardez les portes verrouillées et consultez toujours les itinéraires à l’avance pour ne pas être guidé automatiquement à travers des « comunidades » (favelas) par votre GPS. En cas d’accrochage mineur, ne descendez pas immédiatement de votre voiture dans une zone isolée, surtout de nuit ; rejoignez si possible un endroit fréquenté avant de régler la situation ou d’appeler la police (190).
Pour beaucoup de voyageurs solos, combiner avion, bus interurbains et VTC restera la stratégie la plus simple et la plus sûre. La location de voiture se prête davantage à des zones rurales calmes ou à des voyages à plusieurs, où le partage des responsabilités (conduite, navigation, gestion des imprévus) rend l’expérience moins stressante.
Hébergement adapté aux voyageurs individuels et budget optimisé
Le choix de l’hébergement joue un rôle déterminant dans la sécurité et le confort d’un voyage solo au Brésil. Le pays offre une large palette d’options : auberges de jeunesse animées, pousadas familiales, chambres chez l’habitant ou hôtels de chaîne. La clé consiste à trouver un équilibre entre localisation, niveau de sécurité, possibilités de rencontres et budget. Dans les grandes villes, privilégiez les quartiers bien notés par les voyageurs, proches des axes de transport sûrs (métro, artères principales) et évitez les zones de bureaux désertées le soir.
Les auberges de jeunesse (« hostels ») sont particulièrement adaptées aux voyageurs individuels : elles permettent de rencontrer d’autres personnes, de partager des excursions et de limiter les sorties totalement solitaires la nuit. Optez pour des établissements affichant de nombreux avis récents, une réception 24h/24, des casiers sécurisés et, si possible, une bonne politique de contrôle des entrées. Dans les régions plus calmes (Minas Gerais, Sud du pays), les pousadas familiales offrent souvent un excellent rapport qualité-prix et une atmosphère chaleureuse, avec des hôtes prêts à vous conseiller sur les trajets et les activités.
Côté budget, le Brésil est plus cher que d’autres pays d’Amérique latine, mais il reste possible de voyager seul avec un coût maîtrisé. Les dortoirs en hostel dans les grandes villes se situent souvent entre 10 et 20 € la nuit, les chambres privées simples entre 25 et 50 €, selon la saison et la destination. En vous éloignant légèrement des quartiers les plus touristiques tout en restant dans des zones jugées sûres, vous pouvez réduire votre facture sans sacrifier votre tranquillité. Enfin, évitez de laisser vos objets de valeur visibles dans la chambre, même en hôtel : utilisez les coffres-forts lorsqu’ils existent et gardez l’essentiel (passeport, carte bancaire principale, une partie de votre argent) dans une pochette de sécurité sur vous ou bien dissimulée.
Communication d’urgence et contacts consulaires français au brésil
Voyager seul implique d’anticiper la manière dont vous demanderez de l’aide en cas d’urgence. Avant le départ, enregistrez sur votre téléphone (et notez sur papier) les numéros essentiels : urgences police (190), pompiers (193), urgences médicales (192), ainsi que les coordonnées de l’ambassade de France à Brasília et des consulats généraux à Rio de Janeiro et São Paulo. Ces représentations diplomatiques pourront vous assister en cas de perte ou vol de papiers, d’accident grave ou de situation de crise majeure.
Il est vivement conseillé de s’inscrire sur le portail Ariane du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères avant votre départ. Cette démarche gratuite permet aux autorités françaises de vous contacter par e-mail ou SMS en cas d’événement grave dans votre zone de séjour (catastrophe naturelle, tensions sécuritaires, etc.). En voyage solo, où personne n’est là pour alerter à votre place, ce filet de sécurité supplémentaire est particulièrement pertinent.
Sur place, l’achat d’une carte SIM locale prépayée facilite grandement l’accès aux services de VTC, aux applications de cartographie et aux messageries sécurisées. La plupart des opérateurs vendent des « chips » dans les kiosques à journaux, les centres commerciaux ou les boutiques officielles, pour un coût modeste. Vérifiez toutefois les conditions d’activation (parfois, un CPF est demandé, mais de nombreux voyageurs réussissent à activer leur ligne avec l’aide du vendeur) et surveillez votre consommation de données, souvent limitée. En parallèle, prévoyez un plan B hors connexion : adresses écrites de vos hébergements, copies papier de vos documents et itinéraires clés mémorisés.
Immersion culturelle responsable et interaction sociale sécurisée
Une grande partie de la magie d’un voyage solo au Brésil réside dans les rencontres : conversations improvisées sur la plage, cours de danse, capoeira, soirées samba, randonnées partagées. Les Brésiliens sont réputés pour leur chaleur humaine et leur envie d’aider, ce qui rend l’immersion culturelle particulièrement riche. Pour en profiter pleinement et en sécurité, il est utile de combiner ouverture d’esprit et quelques limites claires, surtout lorsqu’on voyage seul.
Apprendre quelques bases de portugais avant le départ – ou suivre quelques jours de cours sur place – change profondément la qualité des échanges. Vous pourrez non seulement vous débrouiller dans les situations du quotidien, mais aussi mieux capter les signaux sociaux et les recommandations de prudence données par les habitants. Dans les bars, les fêtes de rue ou les « rodas de samba », gardez toutefois un œil sur votre boisson pour éviter tout risque de substance ajoutée à votre insu, phénomène signalé dans plusieurs grandes villes touristiques.
Adopter une attitude respectueuse des codes locaux contribue aussi à votre sécurité. Sur les plages, la tenue est souvent très décontractée, mais le topless reste mal vu. Dans les quartiers populaires ou religieux, s’habiller un peu plus sobrement permet de passer inaperçu. De même, la participation à des visites de favelas doit être réfléchie : de nombreuses ambassades la déconseillent formellement, et ces quartiers restent des lieux de vie complexes où la présence de touristes n’est pas toujours bienvenue, même avec un guide.
Enfin, rappelez-vous qu’être seul ne signifie pas être isolé. Rejoindre un cours de danse, un club de randonnée, une école de portugais ou un groupe d’excursion en bateau est une manière simple de créer un entourage ponctuel, de partager les frais et de réduire les déplacements totalement solitaires. En combinant ces stratégies avec les précautions évoquées tout au long de cet article, voyager seul au Brésil devient non seulement possible, mais profondément enrichissant.
