Comment participer à une expédition scientifique en Amazonie brésilienne ?

# Comment participer à une expédition scientifique en Amazonie brésilienne ?

L’Amazonie brésilienne représente l’une des dernières frontières de la recherche scientifique mondiale, un territoire immense où chaque expédition révèle de nouvelles espèces et enrichit notre compréhension des écosystèmes tropicaux. Avec ses 5,5 millions de kilomètres carrés de forêt dense, ce poumon vert de la planète attire chaque année des centaines de chercheurs internationaux désireux de contribuer à la préservation de sa biodiversité exceptionnelle. Participer à une mission scientifique dans cette région n’est plus réservé exclusivement aux chercheurs confirmés : de nombreux programmes ouvrent aujourd’hui leurs portes aux doctorants, étudiants avancés et même aux passionnés de sciences naturelles. Cette démocratisation de la recherche de terrain s’accompagne toutefois d’exigences précises en termes de qualifications, d’équipement et de procédures administratives qu’il est essentiel de maîtriser avant de s’engager dans l’aventure amazonienne.

Les programmes d’expédition scientifique accessibles en amazonie brésilienne

Le paysage institutionnel de la recherche amazonienne offre une diversité remarquable de programmes adaptés à différents profils de participants. Ces initiatives combinent rigueur scientifique et accessibilité pour permettre à un public élargi de contribuer aux efforts de conservation et de documentation de la biodiversité. Les organisations internationales et brésiliennes ont développé des partenariats solides qui facilitent l’intégration de chercheurs étrangers dans des projets à long terme.

Programme earthwatch institute : missions de conservation de la biodiversité

L’Earthwatch Institute coordonne depuis plus de trois décennies des expéditions citoyennes qui associent scientifiques professionnels et volontaires qualifiés. Leurs missions amazoniennes se concentrent principalement sur le monitoring des populations de jaguars, l’étude des interactions plantes-pollinisateurs et le recensement des espèces de lépidoptères. Les participants rejoignent généralement des équipes de 8 à 12 personnes pour des séjours de deux à trois semaines. Cette approche collaborative permet de collecter des volumes de données impossibles à obtenir avec des équipes de recherche réduites, tout en formant les participants aux méthodologies scientifiques rigoureuses. Les frais de participation, qui incluent l’hébergement en station de recherche et les repas, s’élèvent en moyenne à 3 200 euros pour une mission de quinze jours.

Opération wallacea : études écologiques dans la réserve de mamirauá

La réserve de Mamirauá, première zone protégée de forêt inondable au Brésil, accueille chaque année les expéditions d’Opération Wallacea axées sur l’écologie des systèmes aquatiques amazoniens. Ce programme britannique recrute particulièrement des étudiants en biologie marine et en écologie dulçaquicole pour des missions de quatre à huit semaines. Les recherches portent notamment sur les populations de lamantins, l’ichtyofaune endémique des igapós et les cycles hydrologiques saisonniers. L’immersion totale dans l’environnement de várzea offre une expérience incomparable pour comprendre les adaptations biologiques aux cycles de crues. Les candidats doivent justifier d’au moins deux années d’études universitaires en sciences naturelles et démontrer une condition physique adaptée aux déplacements quotidiens en pirogue.

INPA (institut national de recherche d’amazonie) : collaborations internationales à manaus

Basé à Manaus, l’INPA représente la plus importante institution de recherche amazonienne brésilienne avec ses

programmes de recherche pluridisciplinaires sur la biodiversité, la climatologie, l’hydrologie et les sciences sociales. Pour participer à une expédition scientifique avec l’INPA, vous pouvez intégrer un projet en tant que doctorant en co-tutelle, post-doctorant invité ou stagiaire de Master via un accord entre votre université et l’institution brésilienne. Les campagnes de terrain partent généralement de Manaus vers des stations expérimentales (comme ZF2 ou Ducke) pour des séjours de deux à six semaines, organisés autour de protocoles standardisés (inventaires floristiques, piégeage photographique, relevés de sols, suivi des flux de carbone). Les candidats internationaux doivent soumettre un projet détaillé, une lettre de motivation et une lettre de soutien de leur directeur de recherche, plusieurs mois avant le début de la mission.

Projets du wwf brésil : monitoring de la faune dans le corridor écologique

Le WWF Brésil coordonne de nombreux projets de monitoring de la faune et de la flore dans les grands corridors écologiques amazoniens, notamment le corridor Tapajós–Xingu et l’arc de déforestation au sud du Pará. Ces programmes s’appuient sur des partenariats avec des universités (UFPA, UFAM), des communautés riveraines et des associations locales comme Cajatuba, afin de combiner science participative et suivi de long terme. En tant que volontaire ou jeune chercheur, vous pouvez être impliqué dans l’installation de pièges photographiques, le relevé de traces (empreintes, fèces, marques sur les troncs), la collecte de données GPS et la saisie de bases de données pour la modélisation des habitats.

Les missions menées avec le WWF Brésil privilégient une approche co-construite avec les populations locales, ce qui implique une forte dimension sociale : ateliers de sensibilisation à la déforestation, formation à l’usage d’outils de suivi (applications mobiles, GPS) et restitution des résultats aux communautés. Les séjours durent de 10 jours à 1 mois et sont souvent adossés à des stages académiques ou à des dispositifs de volontariat international comme « Volontaires pour l’Amazonie ». Vous devrez montrer une réelle motivation pour la conservation, une capacité à vivre dans des conditions parfois rustiques et un respect strict des protocoles éthiques définis par les partenaires locaux et autochtones.

Qualifications académiques et compétences techniques requises

Si certaines expéditions scientifiques en Amazonie brésilienne sont ouvertes aux passionnés débutants, la majorité des missions de recherche exige un socle de compétences solides. Les coordinateurs de projets recherchent des profils capables de s’intégrer rapidement aux équipes, de comprendre les enjeux scientifiques et d’appliquer avec rigueur les protocoles de terrain. Vous vous demandez si votre parcours est suffisant pour postuler à une expédition scientifique en Amazonie ? Passons en revue les qualifications les plus valorisées.

Diplômes en biologie tropicale et écologie forestière recherchés

Les expéditions amazoniennes liées à la conservation de la biodiversité et à l’écologie des forêts privilégient les candidats possédant un diplôme en biologie, écologie, sciences de l’environnement ou géographie physique. Un niveau Licence 3 constitue souvent le minimum requis, mais les programmes les plus exigeants ciblent les étudiants de Master ou les doctorants spécialisés en biologie tropicale, écologie forestière ou sciences du climat. Cette spécialisation garantit une bonne compréhension des concepts clés : dynamique de la canopée, cycles biogéochimiques, fragmentation des habitats, services écosystémiques.

Dans le cadre de projets plus appliqués, par exemple sur l’usage des sols, l’agroécologie ou la gestion de l’eau, les formations en agronomie tropicale, hydrologie ou sciences du sol sont également très recherchées. Une double compétence, par exemple en sciences naturelles et en sciences sociales (anthropologie, géographie humaine), est un atout pour les programmes de « science de la durabilité » qui analysent les interactions populations-environnement. En résumé, plus votre cursus est directement en lien avec les écosystèmes tropicaux et la gestion des ressources naturelles, plus vos chances d’intégrer une mission scientifique en Amazonie brésilienne augmentent.

Certifications en taxonomie botanique et identification des espèces

La taxonomie reste une compétence clé sur le terrain : sans une identification fiable des espèces, les données perdent une grande partie de leur valeur scientifique. C’est pourquoi de nombreux coordinateurs d’expédition apprécient les candidats ayant suivi des modules spécialisés en systématique végétale, zoologie ou entomologie, voire obtenu des certifications en taxonomie botanique. Ces formations vous apprennent à reconnaître les familles et genres dominants, à utiliser des clés de détermination et à constituer des herbiers de référence.

De manière pratique, savoir identifier rapidement les principales familles d’arbres amazoniens, les groupes d’oiseaux les plus fréquents ou les guildes de poissons de rivière permet de gagner un temps précieux lors des relevés. Même si les déterminations fines sont ensuite confirmées en laboratoire ou par des spécialistes, votre capacité à pré-classer et documenter correctement les échantillons (photos, notes, coordonnées GPS, descriptions d’habitat) contribue directement à la qualité de l’expédition scientifique. Si vous débutez, privilégiez les stages et cours de terrain en forêt tempérée pour acquérir une méthode, que vous transposerez ensuite en milieu tropical.

Maîtrise du portugais brésilien et connaissances des langues autochtones tupi-guarani

Sur le terrain, la langue est un outil scientifique aussi important qu’un GPS. La majorité des expéditions scientifiques en Amazonie brésilienne se déroulent en portugais, que ce soit pour les briefings quotidiens, les échanges avec les communautés locales ou la lecture de documents techniques (cartes, formulaires, autorisations). Une maîtrise opérationnelle du portugais brésilien (au minimum niveau B1–B2) est donc fortement recommandée, voire exigée pour les missions de longue durée ou les séjours en autonomie relative.

Certaines équipes valorisent également une connaissance, même rudimentaire, des langues autochtones, en particulier du tronc linguistique Tupi-Guarani. Savoir saluer, remercier ou poser des questions simples dans la langue d’une communauté ouvre des portes et instaure une relation de confiance essentielle dans les projets participatifs. À défaut de parler ces langues, votre capacité à travailler avec des interprètes locaux, à respecter les codes de communication et à écouter les détenteurs de savoirs traditionnels sera déterminante pour la réussite de l’expédition.

Formation aux protocoles de collecte de données et méthodologies de terrain

Au-delà des connaissances théoriques, les coordinateurs d’expédition scientifique recherchent des profils déjà familiarisés avec les méthodologies de terrain : transects linéaires, quadrats, relevés de végétation, écoute nocturne de la faune, carottages de sédiments ou mesures de qualité de l’eau. Avoir participé à des stages de terrain pendant vos études, même en dehors de l’Amazonie, montre que vous savez manipuler du matériel, suivre un protocole écrit et consigner des données de manière standardisée.

La précision et la traçabilité sont essentielles : une mesure GPS mal notée, un échantillon mal étiqueté ou une fiche de relevé incomplète peuvent rendre inutilisables des journées entières de travail. C’est pourquoi de nombreux programmes proposent, en amont de la mission, des formations en ligne ou des ateliers de préparation sur les protocoles de collecte de données. Profitez-en pour vous familiariser avec les fiches standard, les codes utilisés et les procédures de sauvegarde des données numériques. Vous arriverez ainsi en Amazonie « prêt à mesurer » plutôt que « prêt à improviser ».

Équipement scientifique et matériel de terrain indispensables

Participer à une expédition scientifique en Amazonie brésilienne, ce n’est pas partir en randonnée improvisée : c’est rejoindre un laboratoire à ciel ouvert où chaque instrument compte. Bien sûr, une partie du matériel de recherche est fournie par les institutions (stations météorologiques, laboratoires mobiles, bateaux). Mais vous devrez aussi apporter votre propre équipement de base, calibré pour les conditions extrêmes de chaleur, d’humidité et de précipitations intenses. Voyons quels sont les outils indispensables pour contribuer efficacement aux missions scientifiques.

Instruments de mesure biométrique : gps garmin gpsmap et stations météorologiques portables

La localisation précise des observations et des prélèvements est au cœur de toute étude écologique. C’est pourquoi la plupart des équipes exigent que chaque groupe de terrain soit équipé d’un GPS robuste, type Garmin GPSMAP, capable de fonctionner sous la canopée dense et de résister aux intempéries. Ces appareils permettent d’enregistrer des traces complètes de vos transects, de marquer les points d’intérêt (nids, traces de grands mammifères, parcelles permanentes) et de synchroniser les données avec les cartes SIG utilisées au laboratoire.

En complément, des stations météorologiques portables sont souvent déployées dans les camps de base ou le long de gradients altitudinaux pour suivre en temps réel les paramètres climatiques : température, humidité, pression atmosphérique, pluviométrie, vitesse du vent. Vous pouvez être amené à installer ces stations, à vérifier leur bon fonctionnement et à télécharger régulièrement les données. Cette information météorologique fine est essentielle pour interpréter les variations de comportement des espèces, les dynamiques de croissance végétale ou l’apparition d’évènements extrêmes (sécheresses, crues exceptionnelles).

Matériel d’échantillonnage : pièges photographiques bushnell et filets de capture ornithologique

Pour documenter la faune discrète ou nocturne de l’Amazonie, les expéditions s’appuient largement sur les pièges photographiques, en particulier les modèles Bushnell reconnus pour leur robustesse et leur autonomie. Ces caméras, fixées à des troncs d’arbre le long de couloirs de passage, enregistrent automatiquement des images ou vidéos dès qu’un animal déclenche le capteur infrarouge. Vous serez peut-être chargé de leur installation, de la vérification des cartes mémoire et de l’entretien des batteries, tâches qui demandent méthode et rigueur pour éviter les pertes de données.

Pour les études ornithologiques, des filets de capture (mist nets) sont utilisés aux premières heures du jour afin de capturer temporairement les oiseaux pour des mesures biométriques : poids, longueur des ailes, état du plumage, prélèvements sanguins ou de plumes. Ces opérations sont strictement encadrées par des protocoles éthiques et des permis de capture officiels. Si vous participez à ce type d’activité, vous serez formé à la manipulation délicate des oiseaux, à la tenue des fiches de capture et au relâcher rapide des individus, dans le respect absolu de leur bien-être.

Équipement de protection : vêtements anti-insectes traités à la perméthrine et moustiquaires imprégnées

Dans un environnement où moustiques, mouches hématophages et autres arthropodes sont omniprésents, votre confort et votre sécurité dépendent en grande partie de votre équipement de protection personnelle. Les vêtements anti-insectes traités à la perméthrine (chemises à manches longues, pantalons, chaussettes) constituent une première barrière efficace contre les piqûres, tout en réduisant le recours excessif aux répulsifs cutanés. Choisissez des tissus légers, respirants et à séchage rapide : la combinaison chaleur + humidité rend tout vêtement inadapté rapidement insupportable.

La moustiquaire imprégnée d’insecticide, adaptée à votre hamac ou à votre lit de camp, est indispensable pour les nuits en base avancée ou en communauté riveraine. Elle limite les risques liés aux moustiques vecteurs (paludisme, arboviroses) et améliore la qualité de votre sommeil, facteur souvent sous-estimé dans la réussite d’une expédition. Pensez également à emporter un chapeau à large bord, des guêtres pour les marches en sous-bois, des gants fins pour la manipulation d’échantillons et une trousse de premiers secours personnalisée, incluant vos traitements préventifs et curatifs.

Procédures administratives et autorisations légales brésiliennes

Un projet scientifique en Amazonie ne se prépare pas uniquement avec des cartes et des protocoles : il se construit aussi sur un socle administratif solide. Le Brésil dispose d’un cadre légal strict pour encadrer la recherche, la collecte biologique et l’accès aux territoires autochtones, afin de protéger à la fois les écosystèmes et les populations. Négliger ces procédures, c’est prendre le risque de voir votre mission annulée à la dernière minute ou, pire, d’enfreindre la loi. Quels sont donc les principaux documents à obtenir avant de partir sur le terrain ?

Obtention du visa de recherche scientifique auprès du cnpq

Pour les séjours de recherche de plus de 90 jours, et parfois même pour des campagnes plus courtes lorsqu’il s’agit de projets formalisés, vous aurez besoin d’un visa spécifique lié à la recherche scientifique. Le Conseil National de Développement Scientifique et Technologique (CNPq) joue un rôle clé dans l’évaluation des projets et la délivrance des autorisations préalables qui permettront ensuite à l’ambassade ou au consulat du Brésil de vous accorder le visa adéquat. Votre institution brésilienne partenaire (INPA, UFAM, Museu Goeldi, etc.) se charge généralement de déposer le dossier scientifique auprès du CNPq.

De votre côté, vous devrez fournir un passeport valide, un projet détaillé, des preuves de financement, une attestation d’accueil de l’institution partenaire et parfois un extrait de casier judiciaire. Les délais de traitement pouvant atteindre plusieurs semaines, il est crucial d’anticiper au moins trois à six mois avant la date prévue de départ. Une fois le visa obtenu, respectez les conditions indiquées (durée, activité autorisée, région d’intervention) afin d’éviter toute difficulté avec les autorités migratoires brésiliennes.

Permis de collecte biologique délivré par sisbio-icmbio

Dès qu’une expédition scientifique implique la collecte d’échantillons biologiques — plantes, insectes, tissus animaux, sédiments ou eau — un permis de collecte délivré par le système SISBIO de l’ICMBio (Institut Chico Mendes de Conservation de la Biodiversité) est obligatoire. Ce permis précise les groupes taxonomiques ciblés, les volumes d’échantillons autorisés, les méthodes de capture et les zones géographiques de recherche. Il est étroitement lié au projet scientifique validé et aux chercheurs responsables inscrits dans la demande.

Si vous êtes étudiant ou volontaire, votre nom sera généralement ajouté en tant que membre de l’équipe à un permis déjà existant, porté par un chercheur brésilien responsable. Vous devrez néanmoins respecter strictement les limites fixées : pas de collecte en dehors des zones autorisées, pas de transfert d’échantillons à des tiers non mentionnés, et une déclaration systématique en cas de découverte d’espèces particulièrement sensibles ou menacées. Gardez toujours une copie numérique et imprimée du permis à portée de main lors des contrôles dans les parcs nationaux ou réserves.

Protocoles funai pour accès aux territoires indigènes protégés

De nombreuses zones clés pour la recherche en Amazonie coïncident avec des territoires indigènes officiellement reconnus ou en cours de démarcation. L’accès à ces terres est strictement encadré par la FUNAI (Fondation Nationale des Peuples Indigènes), qui veille à la protection des communautés et de leurs modes de vie. Vous ne pouvez en aucun cas entrer dans un territoire indigène sans autorisation préalable, même à des fins scientifiques et même accompagné d’une ONG locale.

Les procédures incluent généralement la présentation du projet de recherche aux représentants communautaires, l’obtention du consentement libre, préalable et éclairé, ainsi que la validation par la FUNAI des modalités d’accès, de séjour et de partage des résultats. Les expéditions scientifiques responsables prévoient également une restitution des données dans une forme accessible aux communautés (cartes, ateliers, supports audio-visuels) et s’engagent à respecter les savoirs traditionnels, en particulier en matière de médecine indigène ou de gestion des territoires. C’est un prérequis éthique autant que légal.

Vaccinations obligatoires : fièvre jaune et prophylaxie antipaludique

Sur le plan sanitaire, certaines mesures préventives sont non négociables pour accéder à l’Amazonie brésilienne. La vaccination contre la fièvre jaune est fortement recommandée par l’OMS et exigée par de nombreuses autorités locales pour l’entrée dans les zones forestières. Votre carnet de vaccination international pourra être contrôlé à l’aéroport ou lors du passage dans certains États amazoniens. Pensez à vous faire vacciner au moins dix jours avant le départ pour être correctement protégé.

Concernant le paludisme, la prophylaxie antipaludique doit être discutée avec un médecin spécialisé en médecine des voyages, en fonction de la région précise, de la durée du séjour et de votre profil de santé. Même si certains programmes se déroulent dans des zones de moindre risque, l’usage rigoureux des moustiquaires, des vêtements couvrants et des répulsifs reste indispensable. Ajoutez à cela des mises à jour vaccinales classiques (hépatites A et B, tétanos-diphtérie-coqueluche, typhoïde) et vous disposerez d’un « bouclier sanitaire » adapté aux conditions amazoniennes.

Zones géographiques prioritaires pour les missions scientifiques

L’Amazonie brésilienne n’est pas un bloc homogène : elle se compose d’une mosaïque de biomes, de types de forêts, de systèmes hydrologiques et de contextes socio-culturels. Selon votre thématique de recherche — canopée, faune aquatique, sols, santé-environnement — certaines zones seront particulièrement pertinentes. Connaître ces « hot spots » de recherche vous aide à cibler les programmes les plus adaptés à vos objectifs scientifiques.

Parc national de jaú : études sur la canopée et les primates endémiques

Le Parc National de Jaú, situé dans l’État d’Amazonas, est l’un des plus vastes parcs nationaux de forêt tropicale humide au monde. Il constitue un site privilégié pour les études sur la structure de la canopée, la dynamique forestière et l’écologie des primates endémiques comme le sauim-de-coleira ou certains atèles. Les stations de recherche, parfois accessibles uniquement par bateau, offrent un environnement relativement préservé des pressions anthropiques directes, idéal pour les études de long terme sur les processus naturels.

Les expéditions scientifiques menées à Jaú mobilisent souvent des plateformes de canopée, des tours de mesure des flux de carbone, ainsi que des suivis par télédétection pour analyser les réponses de la forêt aux variations climatiques. Pour les candidats, ces missions exigent une bonne condition physique et une forte tolérance à l’isolement, car les séjours peuvent durer plusieurs semaines en immersion. Le parc représente en quelque sorte un « laboratoire géant » pour comprendre comment la forêt amazonienne fonctionne lorsqu’elle est le moins possible perturbée.

Réserve de développement durable d’uacari : recherche sur les dauphins roses

La Réserve de Développement Durable d’Uacari, dans le moyen Solimões, est reconnue pour ses paysages de forêts inondées et de lacs interconnectés, habitats privilégiés des dauphins roses (botos) et tucuxis. Les projets de recherche y portent principalement sur la dynamique des populations de cétacés d’eau douce, leurs interactions avec les pêcheries artisanales et l’impact des transformations hydrologiques liées au changement climatique et aux aménagements humains en amont du bassin.

Les missions impliquent souvent des campagnes de suivi par photo-identification, des enregistrements acoustiques sous-marins et la collecte de données sur les captures de poissons par les communautés riveraines. Pour vous, c’est l’occasion unique de participer à une expédition scientifique qui combine écologie aquatique, sciences sociales et gestion participative des ressources. La logistique est centrée sur les déplacements en bateau et la vie en base flottante, ce qui suppose une certaine adaptation au rythme du fleuve et aux contraintes de l’environnement inondable.

Station de recherche de la forêt de tapajós : écologie des sols amazoniens

La forêt nationale du Tapajós, dans l’État du Pará, abrite plusieurs stations de recherche de renommée internationale, notamment celles qui se consacrent à l’étude des sols amazoniens et de leurs interactions avec la végétation. Les projets y analysent la fertilité naturelle des sols, les effets des changements d’usage (déforestation, agriculture, agroforesterie) et les stocks de carbone souterrain, éléments clés pour modéliser le rôle de l’Amazonie dans le climat global.

Sur place, vous pouvez être amené à réaliser des carottages, des profils pédologiques, des mesures de respiration du sol et des suivis de l’humidité à différentes profondeurs. Les équipes combinent souvent ces mesures de terrain avec des données satellites et des modèles climatiques pour établir des scénarios d’évolution des écosystèmes. La station du Tapajós est ainsi un point névralgique pour toute expédition scientifique intéressée par les « dessous » de la forêt : ce qui se joue sous nos pieds influence autant le climat que la canopée elle-même.

Financement et modalités d’inscription aux expéditions

La question du financement est souvent le principal obstacle entre vous et votre future expédition scientifique en Amazonie brésilienne. Les coûts de déplacement, de logistique locale, d’assurance et parfois de frais de programme peuvent rapidement grimper. Heureusement, plusieurs leviers existent pour alléger la facture : bourses publiques, partenariats universitaires, mais aussi financements participatifs. L’important est de construire un plan de financement réaliste, en cohérence avec la durée et la nature scientifique de votre projet.

Bourses de recherche cnpq et fapeam pour doctorants internationaux

Pour les doctorants et post-doctorants souhaitant s’engager dans des projets de moyenne ou longue durée en Amazonie, les bourses du CNPq et des fondations d’appui à la recherche des États, comme la FAPEAM (Fondation d’Appui à la Recherche d’Amazonas), sont des ressources majeures. Ces dispositifs peuvent couvrir une partie des frais de séjour, offrir une allocation mensuelle et financer certains coûts de terrain (déplacements, consommables, analyses de laboratoire).

La candidature se fait généralement en partenariat avec une institution brésilienne (UFAM, UnB, Museu Goeldi, INPA) qui vous intègre dans un projet déjà structuré. Vous devrez présenter un plan de travail précis, démontrer l’originalité scientifique de vos objectifs et montrer comment votre recherche s’insère dans les grandes thématiques nationales : conservation de la biodiversité, ressources en eau, changement climatique, inégalités socio-environnementales. Une fois la bourse obtenue, vous bénéficiez non seulement d’un soutien financier, mais aussi d’une reconnaissance institutionnelle qui facilite l’accès aux terrains d’étude et aux collaborations locales.

Crowdfunding scientifique via experiment.com et portails académiques

Pour les projets de plus petite envergure ou les missions complémentaires (par exemple, une seconde campagne de terrain pour compléter un jeu de données), le financement participatif scientifique peut constituer une option intéressante. Des plateformes comme Experiment.com ou des portails académiques dédiés au « crowdfunding » permettent de présenter votre projet au grand public et de solliciter des contributions pour financer matériel, voyages ou analyses spécifiques.

Réussir une campagne de crowdfunding demande cependant autant de préparation qu’un protocole scientifique : il faut savoir expliquer clairement vos objectifs, vulgariser les enjeux de la conservation amazonienne, proposer des contreparties symboliques (webinaires, carnets de terrain, photos commentées) et communiquer régulièrement sur l’avancée de votre expédition. Cette démarche a un double avantage : elle peut débloquer des fonds complémentaires et elle renforce la dimension participative et pédagogique de votre travail, en impliquant directement les citoyens dans la recherche en Amazonie.

Partenariats universitaires avec ufam et museu goeldi de belém

Enfin, ne sous-estimez pas le rôle des accords inter-universitaires pour faciliter à la fois l’inscription aux expéditions scientifiques et le financement. De nombreuses universités européennes et nord-américaines ont déjà signé des conventions avec des institutions brésiliennes de référence comme l’UFAM (Université Fédérale d’Amazonas) à Manaus ou le Museu Paraense Emílio Goeldi à Belém. Ces partenariats prévoient des échanges d’étudiants, des co-tutelles de thèse, des écoles d’été et des missions de terrain conjointes.

En pratique, cela signifie que vous pouvez parfois bénéficier de frais réduits, de bourses internes, de mutualisation logistique (hébergement, transports fluviaux) et d’un encadrement partagé entre encadrants brésiliens et étrangers. Les programmes structurants (JEAI, LMI, PSF-Sud, PrInt CAPES) offrent un cadre institutionnel robuste pour ces collaborations. En vous inscrivant dans cette dynamique, vous ne partez plus simplement « en expédition », mais vous vous intégrez dans un réseau scientifique durable qui prolonge l’impact de votre mission bien au-delà de votre séjour en Amazonie.

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