# Comment organiser une randonnée dans les dunes des Lençóis Maranhenses ?
Le Parc National des Lençóis Maranhenses représente l’un des paysages les plus spectaculaires et uniques du Brésil. Ce désert blanc ponctué de milliers de lagunes turquoise s’étend sur plus de 156 000 hectares dans l’État du Maranhão. Contrairement aux déserts traditionnels, ce territoire reçoit d’importantes précipitations qui créent un phénomène naturel exceptionnel : des bassins d’eau cristalline se forment entre les dunes de sable immaculées, offrant un contraste saisissant. Organiser une randonnée dans cet environnement extraordinaire nécessite une préparation minutieuse et une compréhension approfondie des particularités locales. La combinaison du climat semi-aride, des températures élevées et du terrain sablonneux exige une planification rigoureuse pour garantir une expérience inoubliable en toute sécurité.
Planification logistique depuis barreirinhas ou santo amaro
La réussite d’une expédition dans les Lençóis Maranhenses repose essentiellement sur une organisation logistique irréprochable. Les deux principales portes d’entrée vers ce paradis naturel sont les villes de Barreirinhas et Santo Amaro, chacune offrant des avantages spécifiques selon votre itinéraire. Barreirinhas, la plus grande et la plus développée des deux, constitue le point de départ privilégié pour la majorité des visiteurs. Cette ville située au bord du Rio Preguiças dispose d’infrastructures touristiques complètes, incluant des hébergements variés, des restaurants et de nombreuses agences spécialisées dans l’organisation d’excursions.
Santo Amaro, moins fréquentée et plus authentique, permet d’accéder à une partie différente du parc, généralement moins visitée. Cette option convient particulièrement aux randonneurs recherchant une expérience plus isolée et contemplative. Le village conserve son caractère traditionnel et offre une immersion culturelle plus profonde dans le mode de vie des communautés locales. L’infrastructure y est plus limitée, ce qui nécessite une préparation encore plus méticuleuse concernant l’approvisionnement en eau, nourriture et équipements essentiels.
Itinéraires d’accès routier depuis são luís via la BR-135
L’accès au Parc National des Lençóis Maranhenses commence généralement par un vol vers São Luís, la capitale de l’État du Maranhão. Cette ville coloniale classée au patrimoine mondial de l’UNESCO sert de hub principal pour atteindre la région. Depuis São Luís, la route BR-135 puis la MA-402 constituent l’axe principal vers Barreirinhas, distant d’environ 260 kilomètres. Le trajet en véhicule dure approximativement quatre heures sur des routes majoritairement asphaltées, bien que certaines sections puissent présenter des irrégularités selon la saison.
Pour rejoindre Santo Amaro, l’itinéraire diffère légèrement et nécessite de suivre la MA-106, une route qui traverse des paysages ruraux authentiques. La distance depuis São Luís est similaire, mais le temps de trajet peut s’allonger en fonction des conditions routières. Plusieurs options de transport s’offrent à vous : la location d’un véhicule avec chauffeur privé, les bus réguliers opérés par des compagnies locales comme Cisne Branco, ou les transferts organisés par les agences touristiques. Chaque option présente des avantages en termes de confort, flexibilité et budget.
Choix entre agences locales et guides indépendants certifiés</h3
Le choix entre une agence locale et un guide indépendant certifié dépendra principalement de votre niveau d’autonomie, de votre budget et du type d’expérience que vous recherchez. Les agences établies à Barreirinhas, Santo Amaro ou São Luís proposent des formules clé en main incluant transferts, hébergements, repas et encadrement, ce qui simplifie grandement la logistique, notamment pour un premier séjour au Brésil. Elles travaillent en général avec des guides accrédités par l’ICMBio, l’organisme fédéral qui gère le parc, ce qui constitue un gage de sécurité et de respect de la réglementation en vigueur.
Les guides indépendants certifiés offrent quant à eux une approche plus personnalisée, souvent en petits groupes ou en service privatif. Cette solution est particulièrement intéressante si vous souhaitez adapter le rythme de marche, les distances quotidiennes ou combiner plusieurs secteurs du parc (Barreirinhas, Atins, Santo Amaro) dans un même trekking. Dans tous les cas, il est essentiel de vérifier les références du guide (numéro d’enregistrement, avis récents, niveau de langue) et de signer un contrat ou au minimum un accord écrit précisant le programme, le prix, ce qui est inclus (repas, eau, transferts de bagages) et les conditions d’annulation. Méfiez-vous des offres très bon marché qui impliquent parfois des pratiques illégales, comme l’usage de 4×4 dans les zones interdites du parc.
Réservation d’hébergement à atins ou dans les pousadas de barreirinhas
La question de l’hébergement est centrale lorsque l’on organise une randonnée dans les Lençóis Maranhenses, car elle détermine le confort de vos nuits avant et après l’effort. Barreirinhas concentre l’offre la plus large, avec un éventail de pousadas et d’hôtels allant des options économiques aux établissements de charme. Séjourner ici est particulièrement pratique si vous prévoyez surtout des excursions à la journée vers Lagoa Azul, Lagoa Bonita ou les « Petits Lençóis », ou si vous arrivez tard depuis São Luís. Vous trouverez facilement des hébergements avec climatisation, piscine et restauration sur place, ce qui peut être appréciable après plusieurs jours dans le sable et la chaleur.
Atins, en revanche, séduit ceux qui souhaitent être au plus près du désert et ralentir le rythme. Ce village de pêcheurs accessible uniquement en bateau ou en 4×4 offre une atmosphère de bout du monde, avec des rues de sable, une ambiance kitesurf et des pousadas au charme rustique ou design. Les réservations doivent se faire en amont, surtout entre juin et septembre, car la capacité d’accueil reste limitée et certains hébergements se remplissent plusieurs mois à l’avance. Vous pouvez, par exemple, combiner une première nuit dans une pousada confortable à Atins avec ensuite deux ou trois nuits en hamac chez l’habitant dans les oasis de Baixa Grande ou Queimada dos Britos, afin de vivre l’expérience des Lençóis « de l’intérieur ».
Dans les deux cas, pensez à vérifier des détails pratiques souvent négligés : horaires du petit-déjeuner (important si vous partez à 3h ou 4h du matin), possibilité de laisser des bagages en consigne pendant le trek, disponibilité d’eau potable ou filtrée, flexibilité pour un check-out tardif au retour de randonnée. Ces éléments peuvent paraître anodins, mais ils font souvent la différence entre une expérience fluide et un séjour semé de petits contretemps.
Période optimale entre juin et septembre pour les lagunes pleines
La magie des Lençóis Maranhenses repose sur un phénomène saisonnier fragile : le remplissage et l’évaporation progressive des lagunes d’eau douce. De janvier à mai, les pluies tropicales alimentent les dépressions entre les dunes, tandis qu’une couche d’argile en profondeur empêche l’eau de s’infiltrer. C’est à partir de la mi-mai et jusqu’à la fin septembre que le parc offre en général ses plus beaux contrastes entre dunes blanches et lagunes bleu turquoise. On estime qu’en année normale, le niveau des lagunes atteint son apogée entre fin juin et début août, une période très prisée des photographes et des randonneurs.
Vous hésitez entre partir en début ou en fin de saison ? Entre juin et juillet, les lagunes sont en moyenne plus pleines et plus nombreuses, mais la fréquentation est plus élevée, notamment pendant les vacances scolaires brésiliennes (juillet). En septembre, certaines lagunes peu profondes commencent à se réduire, mais la lumière est souvent magnifique, la chaleur un peu moins écrasante et les sentiers beaucoup plus calmes. À l’inverse, programmer un trek entre octobre et janvier comporte un risque réel de trouver un paysage plus sec, avec de nombreuses lagunes asséchées, surtout dans les secteurs les plus exposés au vent. Une bonne agence ou un guide local pourra vous indiquer les zones encore bien alimentées en eau selon la météo de l’année, ce qui permet parfois de profiter de superbes lagunes même en dehors de la « haute saison » classique.
Équipement technique adapté au climat semi-aride du maranhão
Organiser une randonnée dans les dunes des Lençóis Maranhenses ne s’improvise pas du point de vue de l’équipement. Le climat y est à la jonction entre l’influence équatoriale humide et le sertão plus aride, avec des températures qui flirtent souvent avec les 35 °C en journée, un rayonnement UV intense et un sol sablonneux qui met à rude épreuve le corps comme le matériel. Pensez votre équipement comme celui d’un trek en milieu désertique… mais avec l’option baignade dans des lagunes cristallines. L’objectif est de rester léger, respirant et protégé tout en gardant une marge de sécurité en cas d’imprévu.
Protection solaire renforcée : crème SPF 50+ et vêtements anti-UV
Sous ces latitudes, le soleil ne pardonne pas. Même en partant à l’aube et en profitant de la fraîcheur relative du matin, vous serez exposé plusieurs heures à une réverbération intense sur le sable clair et l’eau des lagunes. Une crème solaire à large spectre (UVA/UVB) avec un indice SPF 50+ est indispensable, à appliquer généreusement avant le départ puis toutes les deux heures, en insistant sur le visage, la nuque, les oreilles et l’arrière des mollets. Privilégiez des formules résistantes à l’eau, car les baignades seront fréquentes, et si possible des produits respectueux des écosystèmes aquatiques afin de limiter l’impact sur les lagunes.
Au-delà de la crème, la meilleure protection solaire reste le vêtement. Optez pour des t-shirts à manches longues en tissus techniques anti-UV, des chemises légères qui couvrent les bras, et un pantalon en toile fine ou un legging respirant qui protège du soleil et du sable. Un chapeau à large bord ou une casquette combinée à un foulard type buff pour couvrir la nuque font une réelle différence sur la durée. Imaginez vos vêtements comme une seconde peau protectrice : plus ils couvrent, moins vous aurez à vous soucier des coups de soleil ou de la déshydratation liée à la chaleur.
Hydratation et système de filtration d’eau portable
Dans les Lençóis Maranhenses, on perd rapidement la notion de distance et de temps tant le paysage est uniforme. Pourtant, chaque kilomètre parcouru sous la chaleur équatoriale augmente vos besoins en eau. On recommande de prévoir au minimum 3 litres d’eau par personne et par jour de marche, voire davantage si vous marchez plus de 20 km ou en période de forte chaleur. Votre guide ou agence pourra organiser des points de ravitaillement dans les oasis ou chez l’habitant, mais il est prudent de ne jamais partir avec moins de 1,5 litre sur vous, même pour une demi-journée.
Les lagunes du parc sont réputées pour la pureté de leur eau et, dans les secteurs les plus reculés, certains guides locaux la boivent sans traitement. Pour autant, par mesure de prudence sanitaire, l’usage d’un système de filtration portable ou de pastilles de purification est vivement recommandé, surtout pour un trek de plusieurs jours. Une gourde filtrante ou un petit filtre à membrane fonctionnant par gravité peut suffire à rendre potable l’eau prélevée dans une lagune ou une citerne, en complément de l’eau minérale acheminée par véhicule. C’est une assurance supplémentaire contre les troubles digestifs qui pourraient gâcher votre expérience.
Chaussures de randonnée respirantes et sandales aquatiques
Une des particularités les plus surprenantes de la randonnée dans les Lençóis Maranhenses est que nombre de trekkeurs choisissent de marcher… pieds nus. Le sable, fin et clair, reste étonnamment tiède grâce au vent constant, et l’absence de cailloux ou de végétation agressive rend cette option possible, voire agréable pour de courtes distances. Néanmoins, pour un circuit de plusieurs jours, il est recommandé de combiner plusieurs solutions : des chaussures de randonnée très respirantes ou des baskets de trail légères, des sandales aquatiques ou des tongs solides, et la possibilité de se déchausser complètement sur certains tronçons.
Les chaussures fermées seront utiles pour les portions de marche en dehors des dunes (pistes sablonneuses, bords de rivière, traversées de zones arbustives près de Santo Amaro ou Barreirinhas). Les sandales aquatiques, elles, permettent de traverser confortablement les lagunes peu profondes sans craindre de glisser ou d’abîmer vos pieds. Pensez à choisir des modèles qui sèchent vite, avec peu de coutures internes pour limiter les frottements. En somme, voyez votre équipement de marche comme un « kit modulable » : vous alternez entre pieds nus, sandales et chaussures fermées en fonction du terrain, comme on change de rapport sur un vélo selon la pente.
Matériel photographique étanche pour les lagunes
Impossible de parler des Lençóis Maranhenses sans évoquer la photographie. Les paysages de dunes et de lagunes, les levers et couchers de soleil, les reflets changeants de l’eau en font un terrain de jeu rêvé pour les amateurs d’images. Pourtant, le sable extrêmement fin et l’humidité représentent un véritable défi pour le matériel. Si vous emportez un appareil photo reflex ou hybride, prévoyez une housse de protection contre le sable, des sachets étanches type « dry bag » pour les transports en 4×4 ou en bateau, et un système de nettoyage (soufflette, chiffon microfibre) pour l’entretien quotidien. Un simple grain de sable dans la bague de zoom peut suffire à gripper un objectif.
Pour les prises de vue dans ou au bord des lagunes, un smartphone récent muni d’une coque étanche ou une caméra de type action-cam sera souvent plus adapté et moins risqué. Vous hésitez à vous baigner avec votre téléphone pour saisir ce moment parfait ? Une pochette étanche de qualité, testée avant le départ, est un bon compromis. Enfin, n’oubliez pas de protéger aussi vos batteries et cartes mémoire de la chaleur : gardez-les dans une petite pochette à l’ombre, dans votre sac, afin d’éviter les surchauffes qui pourraient altérer vos fichiers. Ainsi équipé, vous pourrez immortaliser sans stress la subtilité des courbes de sable et la transparence irréelle des lagunes.
Circuit de trekking multi-jours dans le parque nacional dos lençóis maranhenses
Au-delà des excursions à la journée en 4×4, organiser une randonnée de plusieurs jours dans le Parc National des Lençóis Maranhenses permet de pénétrer véritablement au cœur de cet univers minéral et aquatique. Entre 2 et 4 jours de marche, vous traversez des zones où la présence humaine est presque imperceptible, ne rencontrant parfois que quelques troupeaux de chèvres ou de vaches venant s’abreuver. Les distances quotidiennes varient généralement entre 15 et 25 km, ce qui peut sembler modeste, mais qui devient exigeant lorsque l’on évolue en permanence sur sable meuble. C’est cette immersion totale qui fait du trekking dans les Lençóis l’une des expériences les plus marquantes d’un voyage au Brésil.
Traversée du désert blanc entre lagoa bonita et lagoa azul
Un des grands classiques de la randonnée dans les Lençóis Maranhenses consiste à organiser un itinéraire qui relie, en plusieurs étapes, les secteurs emblématiques de Lagoa Bonita et Lagoa Azul. Depuis Barreirinhas, on accède souvent à Lagoa Bonita en 4×4, avant de s’enfoncer progressivement à pied vers des lagunes plus reculées, loin des points de baignade les plus fréquentés. La traversée proprement dite se déroule sur deux à trois jours, en suivant une succession de crêtes de dunes et de vallées remplies d’eau douce. La sensation est proche de celle que l’on ressent en naviguant en haute mer : les dunes forment de véritables vagues figées, et l’on perd rapidement de vue tout repère fixe.
Le secteur de Lagoa Azul, quant à lui, est connu pour ses bassins aux eaux particulièrement transparentes, souvent d’un bleu profond. En reliant ces deux zones, on découvre une mosaïque de lagunes de tailles et de formes variées, certaines longues de plusieurs centaines de mètres, d’autres plus intimistes. L’itinéraire précis varie d’une année à l’autre en fonction du niveau d’eau et de la configuration des dunes, ce qui explique pourquoi la présence d’un guide expérimenté est indispensable. Vous ne suivrez pas une trace GPS figée, mais une « ligne de moindre effort » choisie en temps réel en fonction du vent, des pentes et de l’état des lagunes.
Navigation GPS et lecture topographique des dunes mobiles
À première vue, les Lençóis peuvent donner l’illusion d’un terrain simple : des dunes, des lagunes, un horizon dégagé. En réalité, naviguer dans ce labyrinthe mouvant sans repères fixes est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Les dunes se déplacent de plusieurs dizaines de mètres par an sous l’effet des vents dominants, effaçant les traces de pas et rendant rapidement obsolètes les repères visuels. C’est un peu comme marcher dans une mer de nuages dont la forme changerait chaque jour : sans boussole ni carte, on se désoriente en quelques minutes.
Les guides locaux s’appuient sur une combinaison de techniques : observation des lignes de crête, repérage de la direction du vent, mémoire des reliefs, mais aussi de plus en plus sur le GPS. Pour un trekkeur autonome expérimenté, emporter un GPS de randonnée ou une application spécialisée sur smartphone (avec cartes hors ligne) est un filet de sécurité supplémentaire, mais ne doit jamais se substituer à la connaissance du terrain. Avant de partir, prenez le temps de comprendre les grands axes du parc (orientation générale des dunes par rapport à la côte, position relative de Barreirinhas, Atins et Santo Amaro) afin de toujours avoir en tête une « carte mentale » du secteur traversé.
Bivouac nocturne près de la lagoa do peixe
Pour ceux qui souhaitent pousser l’expérience encore plus loin, certains itinéraires incluent un bivouac près de lagunes emblématiques comme la Lagoa do Peixe. Passer la nuit au cœur du désert, loin de toute lumière artificielle, permet de découvrir une autre facette des Lençóis Maranhenses. Après la chaleur écrasante du jour, la température se fait plus douce, le vent tombe souvent en fin d’après-midi et le ciel se transforme en un dôme étoilé impressionnant. Si l’on ajoute à cela le silence quasi absolu et le scintillement de la lune sur les surfaces d’eau, l’ambiance devient presque irréelle.
Sur le plan pratique, le bivouac doit être préparé en concertation étroite avec votre guide et dans le respect strict de la réglementation du parc. Le camping sauvage est fortement encadré, voire interdit dans certaines zones, et il est souvent préférable de privilégier les hébergements chez l’habitant dans les oasis (hamacs en dortoirs collectifs) pour limiter l’impact sur l’environnement. Lorsque le bivouac est autorisé, il se fait généralement en hamac sous une bâche légère, ou sur des nattes posées à même le sable, en veillant à ne laisser aucune trace de votre passage : pas de feu direct sur le sol, pas de déchets, pas de savon dans les lagunes, et un respect absolu du calme nocturne.
Gestion des distances de 15 à 25 km par jour sur sable
Marcher 15 à 25 km par jour sur du sable peut sembler à première vue accessible à tout randonneur en bonne condition physique. Pourtant, l’effort demandé par ce type de terrain est plus important que sur un sentier classique en terre ou en pierre. Chaque pas s’enfonce légèrement, sollicitant davantage les mollets, les cuisses et les muscles stabilisateurs des chevilles. On compare souvent cette sensation à celle de marcher en permanence sur une plage en pente douce, ou sur un tapis roulant qui absorberait une partie de votre énergie à chaque foulée.
Pour gérer au mieux ces distances, les journées de trek dans les Lençóis commencent généralement très tôt, parfois dès 3h ou 4h du matin. Vous marchez alors plusieurs heures à la fraîche, profitez du lever du soleil, puis atteignez votre étape en fin de matinée, avant les températures les plus hautes. Le reste de la journée est dédié au repos, aux baignades et à la découverte des oasis. Il est crucial d’adapter l’itinéraire à votre niveau : si vous débutez, visez plutôt des journées de 10 à 15 km, quitte à prolonger votre trek d’une journée supplémentaire. Écoutez votre corps, hydratez-vous régulièrement, faites des pauses courtes mais fréquentes à l’ombre lorsqu’elle se présente, et n’hésitez pas à ajuster le programme avec votre guide en cas de fatigue.
Immersion dans les communautés quilombolas de queimada dos britos
Organiser une randonnée dans les dunes des Lençóis Maranhenses, c’est aussi l’occasion de rencontrer les habitants qui vivent dans cet environnement a priori hostile. Queimada dos Britos est l’une des principales oasis habitées du parc, classée comme communauté quilombola, c’est-à-dire issue historiquement d’anciens esclaves ayant fondé des villages autonomes dans des zones isolées. Aujourd’hui, une quinzaine de familles y vivent encore, élevant des animaux, cultivant de petites parcelles et accueillant ponctuellement des trekkeurs de passage. Passer une nuit chez l’habitant à Queimada dos Britos, c’est entrer dans un quotidien où l’on s’adapte à la nature plutôt que de la dominer.
Concrètement, l’hébergement se fait le plus souvent en hamacs tendus dans un dortoir commun, sous un toit de palmes ou de tôle. L’électricité, lorsqu’elle existe, provient de panneaux solaires ou de petits groupes électrogènes fonctionnant quelques heures en soirée. Les repas, simples mais copieux, reposent sur des produits locaux : riz, haricots, poulet, poisson des environs, manioc, fruits de saison. C’est un moment privilégié pour échanger, avec l’aide de votre guide qui assure la traduction si vous ne parlez pas portugais. Vous découvrirez les défis de la vie dans un milieu où les dunes avancent chaque année, parfois au point d’engloutir des habitations, et où l’accès aux services de base (santé, éducation, approvisionnement) reste complexe.
Pour que cette immersion soit réellement bénéfique à tous, adoptez une attitude respectueuse et responsable. Demandez toujours l’autorisation avant de prendre des photos des personnes ou de leur maison, évitez de distribuer des cadeaux individuels aux enfants (privilégiez un soutien collectif via votre guide ou une association locale), et rémunérez équitablement les services rendus (hébergement, repas, artisanat). En choisissant des circuits qui intègrent ces haltes chez l’habitant de manière encadrée, vous contribuez directement à l’économie locale et à la valorisation d’un mode de vie traditionnel lié intimement au parc.
Réglementation environnementale ICMBio et permis d’accès obligatoires
Le Parc National des Lençóis Maranhenses est une aire protégée fédérale gérée par l’ICMBio (Instituto Chico Mendes de Conservação da Biodiversidade). Cette institution a pour mission de concilier préservation de l’écosystème et activités humaines, en particulier le tourisme nature qui s’est fortement développé ces dernières années. Organiser une randonnée dans le parc implique donc de respecter une série de règles précises, destinées à limiter l’impact sur les dunes, les lagunes et les communautés. Ignorer ces règles, c’est non seulement s’exposer à des amendes, mais aussi contribuer à la dégradation d’un environnement extrêmement fragile.
Pour accéder à certaines zones du parc, notamment pour les treks de plusieurs jours ou les bivouacs, un permis peut être requis. Dans la pratique, ce sont souvent les agences ou les guides officiels qui se chargent de ces démarches administratives auprès de l’ICMBio. C’est une des raisons pour lesquelles il est déconseillé, voire interdit, de s’aventurer seul sans professionnel accrédité, en particulier dans la zone centrale du parc où tout véhicule est proscrit. Les motos et 4×4 ne sont autorisés que sur des corridors bien définis et pour les besoins des habitants ou des services de secours. Si un prestataire vous propose de rouler librement dans les dunes, considérez cela comme un signal d’alarme et refusez cette prestation.
Le respect de la réglementation passe aussi par des gestes simples au quotidien : ne laisser aucun déchet derrière soi, ne pas utiliser de savon ou de shampoing dans les lagunes, éviter les bruits excessifs, ne pas prélever de sable ou de végétaux comme « souvenirs », et rester sur les itinéraires convenus avec votre guide. Vous vous demandez si un simple pique-nique au bord d’une lagune peut poser problème ? La réponse est oui, si vous laissez des emballages légers qui seront dispersés par le vent ou si vous piétinez systématiquement la végétation des rares zones de restinga aux marges du parc. Gardez à l’esprit que chaque action, multipliée par des milliers de visiteurs, a des conséquences durables sur cet écosystème d’apparence robuste mais en réalité très vulnérable.
Combinaison avec l’écosystème du delta du rio preguiças
Pour tirer pleinement parti d’un voyage dans le Maranhão, il est judicieux de combiner votre randonnée dans les dunes des Lençóis Maranhenses avec la découverte du delta du Rio Preguiças. Ce fleuve serpente entre mangroves, petits villages de pêcheurs et bancs de sable avant de se jeter dans l’Atlantique à proximité d’Atins. En quelques heures de bateau au départ de Barreirinhas, vous passez d’un univers de dunes blanches à un labyrinthe de canaux bordés de palmiers buriti et de mangroves peuplées d’oiseaux, de crabes et parfois de dauphins. Ce contraste saisissant permet de mieux comprendre la dynamique globale de la région : le sable des dunes, les sédiments du fleuve et les marées océaniques interagissent depuis des millénaires pour façonner ce littoral unique.
Concrètement, de nombreux voyageurs choisissent d’arriver à Barreirinhas, de descendre le Rio Preguiças en lancha (bateau rapide) en faisant halte dans des villages comme Vassouras ou Mandacaru, puis de rejoindre Atins comme point de départ ou d’arrivée de leur trek. Cette approche « en itinérance » donne une dimension supplémentaire au voyage, en variant les ambiances et les types d’hébergements. Vous pouvez, par exemple, consacrer une journée au delta pour observer la faune, grimper au phare de Mandacaru pour admirer la vue panoramique, puis enchaîner sur deux ou trois jours de marche dans les dunes jusqu’aux oasis de Baixa Grande et Queimada dos Britos.
Intégrer le delta du Rio Preguiças à votre programme, c’est finalement relier les pièces d’un même puzzle écologique. Le sable que vous foulez dans les dunes provient en partie des sédiments charriés par le fleuve et redistribués par le vent et les courants marins. En observant les mangroves, les bancs de sable et les dunes dans un même séjour, vous percevez mieux la complexité de cet environnement où l’eau, le vent et la végétation jouent une partition subtile. Et n’est-ce pas là l’essence même d’un voyage réussi dans les Lençóis Maranhenses : comprendre, au-delà de la beauté des paysages, les forces invisibles qui les ont façonnés et la responsabilité que nous avons de les préserver ?